Cours de Capoeira Angola
Ìjàkadì
Jogar Capoeira ou danse de la guerre de Johann Moritz Rugendas-1835
| Brèves de Capoeira | |
|---|---|
| 01-04-08 | Brève de Pistoleiro |
| 14-05-08 | La roda, c'est un cercle un peu vicieux,... |
| 01-10-09 | La capoeira c'est la liberté... |
L'association Ìjàkadì, membre de l'École de Capoeira Angola de Paris, vous propose un cours de Capoeira angola destiné aux adultes et adolescents
- tous les mercredi de 19h30 à 21h30
à la MJC d'Argenteuil.
Maison des Jeunes et de la Culture7, rue des Gobelins
95100 Argenteuil (Val d'Oise)
01 39 61 78 03
Laurent «Pistoleiro» contact@ijakadi.fr
06 37 08 27 38
- Les visiteurs d'autres groupes sont les bienvenus !
-
Roda avec Guará et l'ECAP: tous les dimanche, sauf vacances scolaires, au
Gymnase Ronsard: 2 rue Ronsard 75018 Paris
La roda, c'est un cercle un peu vicieux, t'y rentres et t'en ressors jamais vraiment
Comme toutes les petites filles, j'ai commencé par la danse classique.J'avais quatre ans; quelques mois plus tard j'obtenais mes premières pointes et j'acquérais une jolie collection de tutus.
Déjà à l'époque, mon attitude pro-fumiste me poussa vers une danse moins stricte, moins rigoureuse, Jazz, Moderne, Contemporaine, Orientale sont passés à l'essai.
Mais toutes les petites filles font de la danse et moi il me fallait quelque chose de plus dense, de plus dur, de la compétition en sorte.
J'ai alors commencé le cross, poussée par mon entourage, les médailles se succédaient mais je n'étais pas vraiment impliquée. Gymnastique, athlétisme, basket, rien ne me convenait, puis j'ai grandi.
Entre temps, j'avais vaguement repris la danse, j'avais déménagé trois fois et à cinq minutes de chez moi se trouvait une piscine.
Je suis rentrée directement au vif de l'entraînement.
Deux mois après j'étais en départementale, l'entraînement s'intensifiait et passa à quatre soirs par semaine, les week-ends étaient consacrés aux compétitions, les vacances aux stages intensifs, j'étais parvenue en nationale, j'avançais dans le classement, trois ans et demi d'efforts mais je n'avais plus envie de nager.
Le problème c'est que quand vous êtes doué, on ne vous laisse pas abandonner.
J'ai foiré mes championnat durant tout un trimestre et on m'a laissé tranquille
Je ne suis pas une grande sportive.
Alors que la multiplicité des disciplines s'offrait à moi, je me contentais lâchement d'un séjour irrégulier à la salle de sport.
Ce qui m'avait motivé dans la natation, c'était l'étrange sensation d'être coupée du monde. Mon monde à moi était creux, mou, rose comme un chewing-gum mais une fois dans l'eau, j'étais dans une bulle. La bulle avait éclatée sous la pression d'un esprit de compétition et d'égoïsme inquiétant, mon utopie n'était qu'une illusion et je repartais à la quête d'une chose pure et noble, voulant me sentir concernée et impliquée, réfléchir au passé de l'humanité empli d'ignominies et à ce présent illusionniste où l'esclavage, voyez-vous, est loin d'être aboli.
Mais cessons les beaux discours, la loi du plus fort et de l'exploitation des hommes culmine tandis que passifs nous dansons.
Il y a plusieurs années, j'ai visionné un film traitant de la capoeira, je ne me souviens ni du titre, ni de l'histoire, seule une chanson m'est restée en tête avec une forte impression que vous font ces choses inconnues que vous ne pouvez pas comprendre, où l'attirance et la peur se mêlent.
Avant même de commencer à nager, j'avais tenté de trouver un cours de capoeira dans les environs en vain, je me suis résigné, jusqu'en septembre dernier; j'étais alors décidé à faire ça ou rien.
Bien loin d'imaginer ce à quoi j'allais accéder, j'ai cherché, j'ai trouvé plusieurs clubs dans les villes environnantes, et là, on vient m'annoncer qu'un cours commence au centre ville.
Je m'y rends, je découvre et je n'y comprends rien. Le rythme de la musique sont déconcertants, les instruments étranges, une danse ? Un combat ? Un mélange intriguant, complexe, des rites qui me paraissent incompréhensibles, des paroles inaudibles emplissent la salle d'une voix profonde venue d'ailleurs, résolument antique plaisir d'une culture qui se perd.
Il me parait impossible d'y parvenir et pourtant.
Je reviens la semaine suivante avec l'irrépressible envie d'en savoir plus sur cet art tellement éloigné de tous les spectacles de danse chorégraphiés et des galas de boxe auxquels j'ai pu assister.
Et quel dépaysement !
Pour une fois dans ma vie, j'étais carrément nulle pour quelque chose et ça me plaisait.
Pour la première fois je découvrais et j'apprenais, je ressentais la dureté de l'effort, la sueur ruisselante, la douleur, des courbatures parfois et l'autosatisfaction.
J'avais jusque là un vide qui m'habitait, une soif immense que rien n'avait pu étancher, mais la roda, c'est un cercle un peu vicieux, t'y rentres et t'en ressors jamais vraiment, c'est un peu comme l'ivresse de l'ivrogne, l'envie qui renaît aussitôt satisfaite, et la soif devient encore plus forte.
Une révolte se traduisait à travers tout cet art, une révolte assumée.
L'esclave dansait pour se rebeller contre son asservisseur, contre la contrainte des normes sociales, au profit de ses propres valeurs.
La musique ne s'arrête pas, le jeu continu comme un embrigadement polycéphale face aux tentations ostentatoires, muse du Dieu sur l'autel de qui j'immole gaiement chaque semaine mon corps au son du berimbau sacré.